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Comment prévenir l’intimidation dès la petite enfance




Déjà, il faut savoir que 20 % des jeunes Canadiens vont vivre de l’intimidation au courant de leur vie en raison de plusieurs facteurs qui ciblent leurs différences [1](article INSPQ : l’intimidation vécue par les jeunes)


On pense souvent que l’intimidation commence à l’école alors que cela débute déjà à la petite enfance. Ainsi, cela peut faire peur de penser que son enfant de 3 ans pourrait être l’auteur ou la victime de l’intimidation.


C'est pourquoi il faut se poser la question suivante : en prévenant dès la petite enfance, pourrait-on diminuer le taux d’intimidation afin de passer de 20% à 10% et moins?


D’ignorer ce fait est la pire chose à faire! Si un enfant vit ou a vécu de l’intimidation, il est essentiel de s’y adresser!


Régler toutes formes d’intimidation, c’est un apprentissage qui va aider à bâtir la confiance en soi chez son enfant.



Comment prend forme l’intimidation?


L’intimidation prend plusieurs formes telles que le rapport de force, la manipulation, les gestes agressifs et/ou intentionnels, les paroles blessantes et dévalorisantes.


Il faut savoir que plus ces actes sont répétés dans le temps, plus on parle d’intimidation.


De ce fait, l’intimidation peut commencer subtilement chez les tout petits.

Par exemple, un enfant qui est souvent exclut du groupe parce qu’il est moins propre dans ses vêtements. Ou encore parce qu’il parle moins que les autres. Ceci n’est que des exemples de différence.


D'ailleurs, chez les tous petits, l'intimidation peut être sous forme de parole ou d'ignorance entre ses pairs. Voici quelques exemples de phrases qui pourrait être dit d'un enfant à un autre, lorsqu'on parle de paroles dites blessantes : « Gros caca », « Tu n’es pas fine », « je t’aime plus ».


De plus, l’enfant peut ignorer ou repousser un autre enfant s’il observe une différence. Cela peut autant être intentionnel qu’inconscient de sa part. Donc, un enfant qui est moins bien habillé, qui parle peu, qui s’isole ou qui est plus réactif aux commentaires, est plus à risque d'être rejeté par ses pairs.


Également, certains enfants comprennent vite que ces mots blessants font réagir quand ils ont un besoin qui n’est pas satisfait. Ils cherchent alors à y répondre, et ce, de façon parfois négative. En effet, les enfants vont prendre ce qu'on leur donne comme attention que ce soit positif ou négatif. Voici un extrait de l’article de Nancy Doyon pour mieux comprendre ce concept[2] :


Le principe des chips molles :

Dans son article, Nancy Doyon explique une métaphore entre une chips molle et une chips croustillante. En fait, la chips molle est celle qui n’a plus de saveur parce qu’elle est trop vieille. Si on présente aux enfants deux bols avec l’un des chips molles et l’autre croustillantes. Il va choisir les croustillantes. C’est comme l’attention dont l’enfant a besoin. Si on lui sert de l’attention positive comme les chips croustillantes, son besoin sera comblé.


Extrait : « Comparons maintenant les chips à l’attention que l’on porte à un enfant. L’attention positive, les discussions, la valorisation, les jeux et le temps de qualité sont comparables aux croustilles fraîches, alors que l’attention négative, les réprimandes, les critiques et les ordres s’apparentent aux croustilles défraîchies. Bien entendu, tout enfant préfère l’attention positive aux réprimandes, mais il faut bien l’avouer, les parents sont souvent occupés et l’enfant n’a pas toujours accès à l’attention positive dont il a besoin. Il est alors tenté de « piger dans le bol de chips molles » et obtient souvent une pleine ration d’attention en adoptant des comportements répréhensibles. Il vaut mieux de l’attention négative qu'aucune attention du tout. Si vous donniez des croustilles à un enfant chaque fois qu’il se conduit mal, seriez-vous surpris de constater que ses mauvais comportements persistent? » article, le principe des chips molles…


Ainsi, j’ai souvent observé certains parents qui trouvent drôles et minimisent ces paroles blessantes d’enfant qui semble sans conséquence au départ.


Dans ma pratique auprès des parents, j’explique qu’à cet âge le vocabulaire est plus restreint. Si tu ne fais rien pour corriger ce genre de commentaire, tu peux t’imaginer que lorsque rendu à l’adolescence ce sera : « T’es con.ne! », « Tu me chier », etc.


Est-ce que tu vas réagir de la même façon? Les parents répondent « non » bien évidemment!



Pourquoi prévenir l’intimidation dès le bas âge?


Tout simplement parce qu'il est essentiel d’agir tôt pour réduire les conséquences à long terme!


En petite enfance, c’est à ce moment que ce développe davantage le langage, la confiance en soi, l’autonomie, etc.


Le cerveau des enfants de 0 à 5 ans est très malléable. Effectivement, les enfants absorbent rapidement les informations. La recherche scientifique en a fourni la preuve.


Pour en connaître davantage sur le cerveau de l'enfant qui est malléable en petite enfance, je t’invite à lire le dossier de Catherine Gueguen, pédiatre à l’institut hospitalier franco-britannique. Clinical psychology, Review n °33(l’école des parents janvier-février-mars 2017 N°66



Ils sont en plein développement dans plusieurs sphères. C’est pourquoi plus tu agis tôt contre l'intimidation, plus cela réduit les risques de vivre de l’intimidation.





Quelles sont les conséquences d’un enfant qui vit de l’intimidation?


Les conséquences sont innombrables sur les enfants à court et à long terme.


J’en ai répertorié quelques-unes pour mettre à jour l’ampleur des conséquences sur la vie de la personne et de son entourage.


La liste que je te présente est exhaustive :


· Vivre de l’humiliation qui fait perdre son pouvoir sur sa vie et qui affecte la capacité de faire des choix pour soi-même.

· La détresse psychologique, pleure, colérique, agressif, refermer, etc.

· L’insécurité qui entraîne des peurs, la perte de confiance en soi, le stress élevé

· Le décrochage scolaire

· Le manque de motivation qui engendre la procrastination.

· L’enfant qui ne veut plus aller à la garderie ou à l’école

· Le manque de concentration pour accomplir ses tâches, faire ses devoirs

· Difficulté avec la mémoire

· Des cauchemars qui affectent le sommeil

· Culpabilité (est-ce de ma faute?)

· Exclusion, l’isolement, les difficultés d’apprentissage


Toutes ces conséquences affectent directement l’estime de soi. Il y a certains jeunes qui vont avoir des pensées suicidaires, et ce, parce qu’ils sont pris dans cette dynamique infernale.


Parfois, l’entourage ne comprend pas ce que l’enfant vit. Il peut donc arriver que ceux-ci se sentent démunis puisqu'ils ne savent pas comment aider leur enfant.

Combien de parents ne savent pas que leur enfant vit de l’intimidation depuis longtemps?


Malheureusement, je n’ai pas de statistique. Toutefois, j’observe que plusieurs parents, dans ma pratique professionnelle, ne savent pas depuis combien de temps leur enfant vit de l'intimidation. Cela aurait été très intéressant de compiler le nombre de jeunes qui vivent de près ou de loin de l’intimidation.


Selon mon expérience professionnelle, j'ai pu remarquer qu'environ 1 jeune sur 3 me dit vivre de l’intimidation soit comme auteur ou victime.


Comme je l’explique plus haut dans la liste des conséquences, la culpabilité et la peur font en sorte que les jeunes n’osent pas divulguer l’auteur et/ou la victime.


Comment devient-on auteur et/ou victime de l’intimidation?


L’intimidateur et la victime partagent une problématique commune en ce qui concerne leur manque de confiance et d’estime de soi.


Ils se sentent démunis face aux conflits et adoptent comme comportement la violence ou la soumission parce qu’ils sont incapables d’agir autrement.


Tous les deux montrent également une faible estime de soi qui se manifeste sous différentes façons.



En voici quelques exemples :


La victime

  • Refoule intérieurement son agressivité, se soumettre devient un moyen d’évitement devant le stress de devoir se défendre.

  • Elle a tendance à chercher l’approbation des autres. Elle se compare et se juge.

  • Elle se victimise et met la faute sur les autres. Cherche à faire pitié.

  • Se sent souvent en faute et se culpabilise facilement et inutilement.

  • Est très indécise à propos de ses capacités et de son image de soi. Elle ne reconnaît pas ses forces et ses qualités.

  • Elle donne son pouvoir aux autres. Prends peu ou pas de décision. Laisse les autres choisir à sa place.

L’intimidateur (auteur)


  • En apparence, l’intimidateur semble avoir confiance en lui. Quand il n’obtient pas ce qu’il veut, il utilise la force, la manipulation, la menace, l’humiliation ou la violence verbale et physique.

  • Il nie la responsabilité de ses actes en accusant injustement les autres. C’est la faute de l’autre.

  • Utilise la combativité offensive pour exprimer son agressivité et pour se sentir fort aux yeux des autres.

  • Il se valorise en dévalorisant les autres. Il a un sentiment de supériorité.

  • Il ne veut pas montrer sa sensibilité par peur de se sentir inférieur aux autres.

  • Il a besoin de contrôler son environnement ce qui l’amène à vivre un grand stress.


Dans ma pratique, il arrive régulièrement que les jeunes se retrouvent à jouer tous les rôles dans la dynamique infernale de l’intimidation. La victime qui décide qu’elle en a assez et devient l’intimidateur. Et l’intimidateur qui devient la victime d’un autre intimidateur. Cette boucle peut se poursuivre pendant des années si elle n’est pas comprise et arrêter par le soutien d’un suivi rigoureux.



Mes 5 trucs pour prévenir l’intimidation


1. Apprendre à s’affirmer :

o L’affirmation de soi est une clé pour prévenir l’intimidation. Un enfant qui a de la difficulté à prononcer ses mots ou manque de mots aura certainement un défi pour exprimer ses besoins.

o Un enfant qui réagit avec agressivité parce qu’il ne sait pas comment faire autrement risque de comprendre qu’il obtient ou par réponse à son besoin. Il pourrait être tenté de reproduire les mêmes comportements.

o L’affirmation de soi est essentielle pour apprendre à exprimer un besoin, de faire des choix lors des jeux ou des activités quotidiennes.

o C’est aussi la capacité de dire « non » à l’intimidation.



2. Apprendre à reconnaître ses besoins :


o Lorsque les enfants sont petits, c’est à nous comme parent ou donneur de soi de comprendre et de répondre aux besoins de son enfant. Exemple : Lorsque l’enfant pleure et qu’il a faim, sa couche est souillée, il a froid ou qu’il veut un câlin. Et au fil du temps, l’enfant aura besoin de reconnaître ses besoins et de se faire comprendre pour que son besoin soit répondu.


3. Apprendre à tolérer les délais :


o C’est une étape importante, voire essentielle pour l’enfant, d’apprendre à tolérer les délais, le temps, car cela lui permet de développer sa patience et de mieux accepter les frustrations et les contraintes de la vie en général.

o L’enfant a aussi besoin de développer sa patience dans différentes situations comme attendre son tour avant de parler ou attendre qu’un ami ait terminé avec le jeu convoité. Lorsque papa ou maman sont occupés et ne peuvent pas répondre immédiatement à sa demande.


4. Apprendre à vivre avec les règles :


o L’enseignement de la politesse demande de la patience. L’enfant apprend à formuler des demandes courtoises pour obtenir ce qu’il veut. En étant poli avec les autres, c’est plus facile de se faire des amis et d’avoir de bonnes relations avec les autres.

o Savoir partager est une habileté qui se développe et qui est très importante pour que l’enfant s’entende avec les autres. Chez les jeunes enfants, c’est un défi parce que se mettre à la place de l’autre ne s’acquiert pas avant l’âge d’environ 8-9 ans. C’est souvent à nous de les accompagner dans ce processus. Les jeunes enfants sont certes sensibles à l’autre.

o Pour développer l’empathie, tu peux inviter l’enfant à observer les réactions de l’autre, que ce soit quand un ami est en colère que son parent vive de la peine.

o Lui fournir un environnement avec des règles claires, constantes et cohérentes qui sont prévisibles et connues par l’enfant. Avoir des attentes réalistes selon l’âge et les capacités de l’enfant.

o L’enseignement de résolutions de conflit est primordial pour donner des moyens à l’enfant lorsqu’il fait face à un problème.


5. Apprendre l’autorégulation des émotions :


o Dès la naissance, le bébé vit des vagues d’émotions que ce soit lorsqu’il a faim ou qu’il a peur. Il a besoin que l’adulte le réconforte pour s’apaiser. Plus ses besoins sont répondus, plus le bébé se sent mieux et à moins besoin de réagir au fil du temps.

o L’enfant a besoin d’apprendre à gérer ses émotions en étant accompagné à la petite enfance pour mieux se réguler. Entre 0-5 ans, le cerveau de l’enfant n’est pas mature pour faire cette gestion seul. Attention! Cela ne veut pas dire de le faire à la place de l’enfant, au contraire. C’est en validant son ressenti et en l’aidant à s’apaiser qu’il apprenne que ce qu’il ressent est important.

o C’est en lui nommant l’émotion qu’il peut mettre un mot sur son vécu et celui des autres. C’est en faisant des activités qu’il va reconnaître les différentes émotions.


En conclusion, tu viens d’apprendre que prévenir l’intimidation commence tôt, et ce, dès la petite enfance en construisant une bonne estime de soi.


Je te laisse en bonus quelques astuces à travailler avec les petits pour construire une bonne estime et ceci passe par la connaissance de soi et la conscience de soi et de l’autre.


Quelques petites activités à faire avec les enfants pour bonifier ces apprentissages :

  • L’éveil à la lecture (ouvrir le bassin linguistique)

  • L’éveil des sens (conscience de soi) Exemple : jeu du coucou, yoga, mime, etc.

  • Brindami (habiletés sociales.)


Pour aller plus loin sur comment prévenir l’intimidation, je t’invite à me contacter et à t’abonner à mon site internet. Si tu es comme moi et que tu veux voir cesser cette dynamique d’intimidation chez les enfants et les adolescents, partage cet article autour de toi. C’est en travaillant ensemble qu’on va faire cesser ce problème et permettre aux enfants d’avoir une meilleure estime de soi.

[1] INSPQ Centre d'expertise et de référence en santé publique [2] Nancy Doyon, auteure, conférencière, coach familial et fondatrice de l’école Nancy Doyon et de SOS Nancy

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